Vespasien

Consolidation du pouvoir

Vespasien est confronté à des tâches immenses : remettre de l’ordre dans l’appareil gouvernemental, de la stabilité dans les finances, de la discipline dans les armées et de la sécurité aux frontières.

Le problème militaire vient en premier ; les armées orientales avaient soutenu Vespasien, et les occidentales, après s’être combattues jusqu’à l’épuisement, l’ont accepté, mais beaucoup reste à faire. Une révolte en Gaule, qui s’apparentait à une sécession nationaliste de l’empire, montra les dangers inhérents à l’utilisation de la soldatesque provinciale. Vespasien adopte donc une politique qui interdit aux auxiliaires (troupes non citoyennes) de servir dans leur région d’origine ou d’être dirigés par des commandants autochtones. Il ramena les légions de citoyens à leur pleine puissance et cultiva soigneusement leur bonne volonté – l’erreur fatale de Néron avait été d’ignorer ces troupes. Jusqu’à présent, seul un Julio-Claudien avait été capable de commander l’allégeance d’armées autres que celle sous son contrôle direct ; l’une des réussites de Vespasien fut de faire accepter par toutes les armées celui qui était l’empereur régnant. Les troupes sont restées en dehors de la fabrication des empereurs pendant plus d’un siècle.

Vespasien n’a fait aucun effort pour estomper le fait qu’il avait gagné l’empire par les armes plutôt que de l’avoir reçu des mains du Sénat. Il traita le Sénat avec respect mais n’essaya pas de faire revivre l’ancienne idée d’Auguste d’un partenariat entre l’empereur et le Sénat (avec le manque d’antécédents de Vespasien, toute tentative d’égalité avec les grands nobles finirait par faire ressortir son « infériorité »).

Vespasien détenait à plusieurs reprises la censure, ce qui lui permettait non seulement de recenser les ressources de l’empire à des fins financières mais aussi de contrôler la composition du Sénat. Il gardait un contrôle strict sur les nominations, poussant même ses propres hommes dans les provinces officiellement contrôlées par le Sénat. Comme ses choix étaient généralement bons, les sénateurs ne pouvaient guère s’y opposer ouvertement, mais il faut reconnaître qu’ils le respectaient plutôt que de l’admirer. En effet, il fut un empereur couronné de succès mais jamais vraiment populaire auprès de quelque classe que ce soit.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.